Durban – D’un continent à l’autre : des villes, des ports, des défis pour le futur

Nous retrouvons cette semaine Carlos Moreno en direct de Durban, en Afrique du Sud, alors qu’il participe à la 14ème Conférence Mondiale des Villes et des Ports.

Chers lecteurs,

J’écris ces lignes depuis Durban, en Afrique du Sud, où j’ai eu la chance de vivre hier mardi une très belle journée avec l’inauguration de la XIVème Conférence Mondiale de l’Association Internationale des Villes Portuaires (AIVP), placée sous le beau thème de la « Smart Port City ». Invité à prendre la parole pour la Key Note d’ouverture, j’ai eu l’honneur de m’adresser à cette communauté internationale qui se réunit tous les deux ans, à chaque fois sur un nouveau continent.

Invité au mois de mai dernier par Olivier Lemaire, Directeur Général de l’AIVP, à venir à Durban introduire cet événement, j’ai ainsi eu l’occasion de réfléchir à cette thématique particulière qu’est la ville portuaire à l’heure des transformations urbaines dans un monde globalisé – dans lequel la notion de « ville globale », de « ville monde » s’applique avec pertinence.

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Des villages côtiers aux hubs maritimes, des villes fortement urbanisées aux métropoles portuaires, du port urbain au port de l’hinterland, mais aussi des villes des façades maritimes à vocation patrimoniale et touristique aux ports industriels à vocation économique, la Ville-Port se trouve traversée par de nombreuses particularités : poids économique et industriel, gouvernance, disposition spatiale, tensions sociaux-territoriales… mais aussi recherche d’une identité urbanistique propre, dans un contexte mondial d’urbanisation galopante qui constitue, en soi, un défi.

Les Villes-Ports du XXIème siècle incarnent bien le basculement de l’économie mondiale vers la globalisation, avec une nette augmentation, chaque année, des échanges commerciaux mondiaux. Avec 27 milliards de tonnes par an de trafic, les ports constituent un axe majeur dans le développement économique et socio-territorial. On constate que les voies maritimes, principales voies des échanges, s’orientent majoritairement vers l’Asie. Parmi les 10 premiers ports au monde, 9 sont asiatiques, parmi les 20 premiers la proportion est de 16. En Europe, Rotterdam reste le plus puissant, signe d’une continuité historique qui se traduit également en développement socio-territorial.

Chaque port, petit ou grand, quelle que soit sa configuration, est également le produit d’une histoire, d’un contexte, d’un passé qui constituent ses racines et sont à l’origine de son souffle – que ce soit pour se questionner ou pour se projeter vers l’avenir. Soumis à la triple tension du développement économique, de la concurrence permanente et de la recherche d’identité, les ports représentent en même temps une très grande chance pour l’avenir socio-territorial des espaces dans lesquels ils sont implantés. Et c’est également une grande chance pour nous d’avoir l’occasion de se pencher sur cette thématique en ce jour ! J’ai d’ailleurs été très sensible à tous les messages de sympathie qui m’ont été adressés à la suite ma présentation.

Lors de ma présentation, j’ai parlé de la Smart City Humaine et de la Ville Vivante, thèmes qui me sont chers – mais j’ai également souhaité réfléchir à ce qui est spécifique aux ports, l’enjeu crucial étant selon moi, non pas tant l’interface entre la ville et le port, mais plutôt la voie de la transformation de la ville en hybridation avec le port. Je vous invite à regarder ces belles images en Timelapse, qui montre bien avec la palpitation du cœur d’une Ville-Port telle Durban.

J’ai avant tout souhaité montrer que l’espace, la géographie et la dynamique socio-économique des ports sont une opportunité pour anticiper le développement durable et la « Sustainable City » ; mais également qu’au-delà, le vrai défi est de se donner les moyens pour imaginer le déploiement d’une économie circulaire à vocation post-carbonée dans son contexte comme axe stratégique de transformation.

Inéluctablement, dans nos économies globalisées, caractérisées par une marchandisation accélérée et une conteneurisation en croissance exponentielle, les ports génèrent des espaces avec des discontinuités territoriales. D’un côté, la nécessaire surveillance des ports (lutte contre le terrorisme, le vandalisme, etc.) et de l’autre, leur gestion (avec la mobilisation d’un matériel spécifique : plateformes, grues, camions, etc.) créent de facto des barrières, au sens physique du terme. Elles suscitent également de vraies ruptures avec la ville. La gouvernance du port, souvent dissociée de celle de la ville, peut par ailleurs présenter des conditions accentuant cette discontinuité territoriale.

Mais c’est ici que le XXIème siècle et sa composante technologique peuvent changer la donne en apportant de puissants outils pour déverrouiller ces états de fait, susciter des dynamiques et des synergies nouvelles et créer ainsi une démarche d’hybridation socio-culturelle et socio-territoriale. Car le port est aussi un éco-système dont la puissance économique et l’attractivité doivent être reliées à la mise en avant du patrimoine urbain et social-territorial de la ville qui l’accueille – et ce, par-delà le bassin, les corridors et les régions qu’il anime.

Relever les défis majeurs de l’inclusion sociale et de la réinvention des espaces urbains en s’appuyant sur les atouts des révolutions technologiques constitue une priorité pour les 10 années à venir. Il nous revient de construire de véritables feuilles de route systémiques pour transformer les 5 composantes de ces Villes-Ports : sociale, économique, culturelle, écologique, en lien avec leur résilience. L’enjeu n’étant pas uniquement de savoir comment mieux secourir en cas de crise, mais aussi de pouvoir prendre ici et maintenant la meilleure décision pour assurer la continuité des services, clé de la réussite.

L’impensable et l’imprévisible sont arrivés dans une Ville-Port, soumise à de lourdes contraintes industrielles, spatiales et sociales – je parle, bien sûr, de Fukushima, où plusieurs générations porteront les stigmates du désastre. Plus que jamais, il est de notre devoir de penser et repenser la fragilité et la vulnérabilité de nos territoires exposés – les Villes-Ports en premier lieu.

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Si nous parcourons le monde comme nous l’avons fait lors de ma présentation à Durban, nous voyons que du nord au sud et de l’est à l’ouest de la planète, dans cette course à la productivité dans laquelle toutes les Villes-Ports sont engagées, à tout moment un désastre peut surgir. Il devient urgent de repenser, grâce à la puissance de l’ubiquité, du Big-Data et des outils technologiques, tous les services des Villes-Ports afin que les usages, les services sociaux-territoriaux, la culture, la formation des jeunes et des moins jeunes soient à la hauteur du défi qui se pose dans les 20 ou 30 années à venir.

Les Villes-Ports sont en outre directement exposées aux conséquences du réchauffement climatique avec la montée du niveau des mers, le développement de nouvelles maladies urbaines, l’apparition de migrations et déplacements de population nouveaux – tout ceci pouvant entraîner de nouveaux risques de déstabilisation, voire de confrontation. Le récent rapport du GIEC a une fois de plus sonné l’alarme sur cette menace qui pèse sur la planète et sur la nécessité de se mobiliser radicalement pour inverser la tendance.

C’est une très grande chance pour nous de pouvoir disposer aujourd’hui d’un réseau mondial des villes portuaires, pourvu de délégués, de représentants et d’un important éco-système qui se mobilisent, comme cette semaine à Durban, pour partager expériences et réflexions. Ce congrès est ainsi un point d’étape, me semble-t-il, certes majeur, dans la longue marche que l’éco-système des villes et des ports a entrepris, donnant ainsi naissance à une communauté vivante, qui pratique le partage de manière régulière au travers de rencontres, d’ateliers et de panels.

Les multiples félicitations qui m’ont été adressées après ma présentation sont pour moi un signe fort de la capacité de cette communauté à se projeter vers des nouveaux paradigmes. Je me réjouis ainsi du bel accueil qui a été fait à la Smart Port City, la Ville-Port humaine et vivante, socialement inclusive, apte à se réinventer par le déploiement d’une économie circulaire et du développement durable en utilisant la puissance de transformation des révolutions technologiques – ceci en mettant l’homme et sa qualité de vie au cœur des débats. Je souhaite remercier cette belle communauté pour son accueil et l’assurer de mon engagement à persévérer dans cette voie.

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J’aurai l’honneur et le plaisir d’animer jeudi matin la table ronde qui va clôturer ces travaux. Nous continuerons ensuite vers Le Cap, afin de nous immerger dans la réalité sud-africaine. Comme je le répète sans cesse, il n’y a pas de modèle unique pour la Smart City ou pour la Smart Port City. Chaque ville est issue d’une histoire, d’un contexte, d’une situation que lui est propre et nous nous devons de nous immerger pour nous en imprégner, la sentir, la vivre. Il n’y a pas d’autre moyen d’être à la hauteur des hommes et des femmes qui y vivent et dont la préoccupation majeure est le bien-vivre ensemble.

Je salue Durban, qui il y a 30 ans à peine comptait encore des panneaux interdisant l’accès de ses plages aux Noirs. Je salue les effets considérables qui y ont été faits pour tourner la page de cette terrible période de son Histoire, qui, par la négation de l’Autre du fait de sa couleur, a laissé des traces de souffrance dans son peuple. Je salue Durban qui s’est reconstruite et se reconstruit encore, dans une Afrique du Sud qui a su trouver la voie de la démocratie et de la réconciliation pour écrire des nouvelles pages de son histoire.

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J’ai commencé et j’ai terminé mon exposé en rendant hommage à un grand écrivain portugais qui a fait les premières armes de sa vie littéraire à Durban : Fernando Pessoa, qui fût publié pour la première fois dans le journal de Durban, Natal. Un exemple avant l’heure du brassage des identités, des allers et retours des cultures qui a nourri l’imaginaire d’un adolescent.

Je salue ainsi pour finir tous les adolescents et les jeunes de l’Afrique, qui sont son avenir et qui doivent aussi être le moteur de sa transformation. La jeunesse est une belle chance pour réussir la transition urbaine que j’appelle de mes vœux – à nous de l’impliquer au quotidien avec vision et humanité, mais aussi patience et persévérance, pour l’aider à se construire un autre avenir.

La semaine prochaine, je serai à Paris pour ma prochaine chronique.

Bonne semaine à toutes et à tous,

Carlos Moreno

Durban, le 5 novembre 2014

We meet up again this week with Carlos Moreno, direct from Durban in South Africa, where he is attending the 14th World Conference Cities and Ports. 

Dear Readers,

I am writing from Durban in South Africa, where I had an excellent day yesterday at the inauguration of the 14th World Conference Cities and Ports (AIVP), dedicated to the fascinating theme of the “Smart Port City”. As a key note speaker, I had the honour of addressing this international community, which meets every two years, each time on a different continent.

When Olivier Lemaire, General Manager of AIVP, invited me in May to come to Durban to introduce the event, I had a chance to reflect specifically on how port cities are defined at a time of urban transformation in a globalised world – where the notion of the “global city”, the “world city”, is aptly applied.

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The definition of the Port City is broad, encompassing coastal villages, maritime hubs, highly urbanised cities, port metropolises, urban ports and hinterland ports, as well as cities with maritime facades oriented towards wealth and tourism and industrial ports whose purpose is economic. Port Cities have many specific features, including their economic and industrial importance, governance system, layout and socio-territorial tensions. But they also seek their own urbanistic identity, in a global context of galloping urbanisation, which represents a challenge in itself.

The 21st century Port Cities clearly embody the shift towards globalisation in the world’s economy, with rapid year-by-year increases in global trade. Handling 27 billion tonnes of traffic each year, ports are a major driver of economic and socio-territorial development. Most of the sea lanes, which are the main trading routes, are directed towards Asia. Nine of the ten biggest ports in the world, and 16 of the biggest 20, are in Asia. Rotterdam is still the biggest port in Europe, a sign of historical continuity, which also boosts socio-territorial development.

Every port, whether small or large and regardless of its layout, is also the product of history, a context and a past, in which it is rooted and which is the source of its power – whether this is used for self-examination or to propel itself into the future. Under the triple pressure of economic expansion, unflagging competition and the search for an identity, the ports also represent a great opportunity for the socio-territorial future of the spaces in which they are situated. And being able to discuss this subject now is also a great opportunity for us! I received a striking number of messages of support after my presentation.

In my presentation, I spoke about the Human Smart City and the Living City, which are subjects particularly dear to me, but I also wanted to reflect on what is specific to ports, as the crucial challenge, in my opinion, is not so much the interface between city and port, but rather the route to transformation of the city and the port as a hybrid entity. Have a look at these beautiful pictures in Timelapse, which clearly show the magic of a Port City such as Durban.

Most of all, I wanted to show that the space, geography and socio-economic dynamics of ports represent a chance to anticipate sustainable development and the “Sustainable City”; beyond this, however, the real challenge is to obtain the resources to envisage the implementation of a circular economy with a post-carbon outlook in the context of the city as a strategic driver of transformation.

Inevitably, in our globalised economies, where commercialisation is accelerating and containerisation is growing exponentially, ports generate spaces with territorial discontinuities. Ports have to be monitored (to combat terrorism, vandalism, etc.) and they also have to be managed (with the use of specific equipment: platforms, cranes, trucks, etc.), which creates de facto barriers in the physical sense of the term. These also create real breaches with the city. Governance of the port, which is often dissociated from governance of the city, may also present conditions that accentuate this territorial discontinuity.

But this is where the 21st century and its technological component can change the game, providing powerful tools to change this situation, generate new dynamics and synergies and thus create a socio-cultural and socio-territorial hybridising approach. A port is also an eco-system, whose economic power and attractiveness is necessarily connected to the prominence of the urban and socio-territorial heritage of the city that hosts it – and goes beyond the basin, corridors and regions that make it up.

Meeting the serious challenges of social inclusion and the reinvention of urban spaces, supported by the strengths of major technological advances, is a priority for the decade ahead. We have to create real, systemic road maps to transform the social, economic, cultural and ecological components of the Port Cities, while keeping pace with their resilience. The challenge is not only being able to provide more effective help in a crisis, but also to make the best decision here and now to ensure continuity of services, which is the key to success.

The unthinkable and the unforeseeable has already happened in a Port City, subject to heavy industrial, spatial and social constraints: I’m thinking of Fukushima, of course, where several generations will carry the stigma of the disaster. Now more than ever, we have a duty to think and think again about the fragility and vulnerability of our exposed regions – with the Port Cities on the front line.

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If we take a trip around the world, as we did during my presentation in Durban, we can see that, north or south, east or west, in the race to produce in which all the Port Cities are engaged, a disaster could happen at any time. It has become a matter of urgency to review all the services provided by the Port Cities, using the power of ubiquitous big data and technological tools, to ensure that uses, socio-territorial services, culture, and training of the young and of the less young, are up to the challenge that will emerge over the next 20 to 30 years.

Port Cities are also directly exposed to the consequences of climate change, as sea levels rise, new urban illnesses develop and new migration and population displacement occurs – which could give rise to new risks of instability and even conflict. The IPCC’s recent report once again sounded the alarm about this threat to the planet and stressed the need to take radical action to reverse the trend.

This is a great opportunity for us to benefit from a global network of port cities, with delegates, representatives and a major eco-system that takes action, as it has this week in Durban, to share experiences and reflections. This conference therefore seems to me to be an important staging post in the long road taken by the eco-system of cities and ports, giving rise to a vibrant community that shares information through regular meetings, workshops and panels.

The many congratulations I received after my presentation are, in my view, a strong sign of this community’s ability to direct itself towards new paradigms. I was also delighted to see the warm welcome given to the Smart Port City, the Human and Living Port City, which is socially inclusive and able to reinvent itself by implementing a circular economy and sustainable development, harnessing the transformational power of technological change – whilst giving people and their quality of life a central place in the debate. I would like to thank this great community for this welcome, and assure it that I plan to continue on this path.

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On Thursday morning, I will have the honour and pleasure of leading the roundtable that will close the conference. We will then head for Cape Town, to immerse ourselves in the South African situation. As I am always saying, no single model exists for the Smart City or the Smart Port City. Every city is the product of a history, a context and a situation that is purely its own, and we have to immerse ourselves in this, so that we can steep ourselves in it, feel it and live it. This is the only way to find common ground with the men and women who live there, and whose main concern is how to live well together.

I pay tribute to Durban, where barely 30 years ago signs banning black people from the beaches were still on display. I pay tribute to the great effort that has been made to turn this terrible page in the city’s history, which, because it negated others based on their colour, has left the marks of suffering on its people. I pay tribute to Durban, which rebuilt itself and continues to do so, in a South Africa that made its way back to the path of democracy and reconciliation to write new pages in its history.

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I began and ended my presentation by paying homage to a great Portuguese writer who cut his literary teeth in Durban: Fernando Pessoa, who was published for the first time in the Durban newspaper, Natal. This piece was an early example of the mingling of identities and the passing backwards and forwards between cultures that fuelled his adolescent imagination.

Finally, I pay tribute to all the adolescents and young people of Africa. They are its future, and must be the ones to drive its transformation. Youth is a wonderful opportunity to achieve the urban transition that I hope to see. It is up to us to involve young people on a day-to-day level, with vision and humanity, but also patience and perseverance, and help them to build another future.

I will be in Paris for next week’s column.

Wishing you a great week,

Carlos Moreno

 

Durban, 5 November 2014

Escribo estas líneas, querido lector, desde Durban, en África del Sur, este martes por la tarde, para ser fiel a mi cita de cada miércoles. Después de Europa, Asia y hace poco en la India, me encuentro esta semana en uno de los lugares septentrionales del planeta, uno de los lugares en que el mundo termina. Este martes, vivimos un muy bello día con la inauguración de la XIVa Conferencia Mundial de la Asociación Internacional de las Ciudades Portuarias, la AIVP, bajo el tema del Smart Port City. He sido invitado para hacer el keynote de apertura. Un gran honor que me ha hecho esta comunidad internacional que se reúne cada dos años, alternando los continentes.

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Invitado en mayo por el director general de l’ AIVP, Olivier Lemaire, a venir para hacer esta presentación, pude trabajar esta temática particular que es la Ciudad-Puerto en época de profundas transformaciones urbanas, en un mundo globalizado donde esta noción de ciudad global, de ciudad mundo, se aplica con pertinencia.

De las ciudades costeras a los Hubs marítimos, de las ciudades fuertemente urbanizadas a las metrópolis portuarias, del puerto urbano, al puerto de hinterland, pero también de ciudades de fachada marítima a vocación patrimonial y turística, a los puertos industriales de vocación económica, la ciudad-puerto se encuentra atravesada por numerosas particularidades. Ellas conciernen su peso económico e industrial, su gobernanza, a menudo particular, pero también su propia disposición espacial, sus tensiones sociales-territoriales y pasan también por la búsqueda de su propia identidad urbanística en contextos galopantes de hábitat y de urbanización que son en sí mismos un desafío.

Las ciudades-puerto en el siglo XXI, en un mundo globalizado, son abundantes en esta economía que ha cambiado radicalmente y donde los intercambios comerciales en aumento nítido cada año, ven en las vías marítimas, vía principal de los intercambios, ir predominantemente hacia el Asia. Con 27 mil millones de toneladas al año de tráfico, los puertos constituyen un eje mayor en el desarrollo económico y socio territorial. Entre los 10 primeros puertos en el mundo, 9 son Asiáticos, entre los 20 primeros la proporción es de 16.

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En Europa, Rotterdam, es el más poderoso, signo de tiempos de una gran continuidad de una historia que se traduce también en desarrollo socio-territorial, industrial y comercial.

Pero cada puerto, grande o pequeño, cualquiera que sea su configuración también es producto de una historia, de un contexto, de un pasado que constituyen sus raíces y son fuente de interrogación de ayer y de hoy, para proyectarse hacia el futuro.

Decía en mi conferencia que los puertos de hoy, son sometidos a una triple tensión, de desarrollo económico, de competencia permanente y de búsqueda de una identidad, pero también representan una magnifica posibilidad para el futuro socio-territorial de sus territorios asociados.

Fui muy sensible a los mensajes de simpatía que me fueron manifestados después de mi presentación. Aprecié mucho la acogida calurosa que me ha sido ofrecida después de haber pronunciado mi keynote de abertura de los trabajos.

Hablé no sólo de la Smart City Humana y de la Ciudad Viva, sino que también evoqué el terreno de lo que es específico a los Puertos para señalar cómo esta noción no trata únicamente del interfaz ciudad-puerto, sino más en profundidad, de la vía de la transformación de la ciudad por su hibridación con el puerto, tarea difícil pero que representa un verdadero desafío para el futuro.

Los invito a mirar en estas bellas imágenes en Timelapse el latir del corazón de una ciudad puerto tal Durban.

Así, quise subrayar, cómo el espacio, la geografía, la dinámica socio-económica de los puertos son una oportunidad para anticipar no sólo el desarrollo sostenible, la “Sustenaible City” sino que más allá, el verdadero desafío es el de darse los medios para imaginar, lo que para una Ciudad-Puerto, una economía circular con vocación Post Carbono significa como eje estratégico de transformaciones.

Los puertos en nuestras economías globalizadas, con relaciones mercantes aceleradas y la contenerizacion en crecimiento exponencial, digo que ineluctablemente, generan espacios con discontinuidades territoriales: la vigilancia de todo tipo, la lucha contra el terrorismo, el vandalismo, por ejemplo, el aumento de medidas de seguridad físicas y virtuales, la gestión de transportes con el material específico, las plataformas, las grúas, las plumas, los camiones y todo lo que implica en necesidades propias, crea de facto barreras en el sentido físico del término. Ellas provocan verdaderas rupturas con la ciudad. La gobernanza del puerto, a menudo disociada también la ciudad, puede presentar condiciones que acentúan esta discontinuidad territorial.

Pero es entonces cuando el siglo XXI aporta, con el componente tecnológico, herramientas mayores para provocar, para incitar, para abrir estos cerrojos, compensar estos estados, con el fin de crear una acción de hibridación socio-cultural, socio-territorial. El puerto es también un ecosistema en el que su poder económico y su atracción debe ir ligado a realzar, a valorizar, el patrimonio urbano y socio-territorial de la ciudad que lo acoge, y más allá de su territorio propio, también, la extensión de la ciudad -puerto, sus cascos urbanos, corredores, regiones que anima.

Los desafíos mayores que son, la inclusión social y la re-invención urbana, incentivados por el desarrollo y transformaciones gracias a las revoluciones tecnológicas son una prioridad mayor en los 10 años que vienen. Ellos son la fuente de construcción de las verdaderas hojas de ruta sistémicas para transformar los componentes esenciales de estas ciudades-puerto: Social, Económica, Cultural, Ecológica, ligados por una verdadera RESILIENCIA a la raíz. No para socorrer mejor en tiempos de crisis, sino para pensar aquí y ahora que cada decisión que es tomada, debe serlo teniendo en cuenta cómo la continuidad de los servicios es asegurada en todo momento.

Lo imposible, lo imprevisible llegó a una ciudad-puerto, sometida a fuertes obligaciones industriales, espaciales y sociales; hablo de Fukushima, donde varias generaciones todavía llevarán los estigmas de este desastre. Más que nunca pensar y repensar la fragilidad y la vulnerabilidad de nuestros territorios expuestos y en primer lugar, casi siempre las ciudades-puerto en primera plana, es un deber.

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Recorramos el mundo como lo hicimos en el momento de mi presentación. Del Norte al Sur y del Este al Oeste del planeta, vemos que en esta carrera a la productividad del Puerto, el desastre puede a cada momento decir presente. Repensemos pues gracias al poder de la ubicuidad, del Big Data, de las herramientas tecnológicas, nuestros servicios en las Ciudades-Puerto para que los usos, servicios sociales territoriales, la cultura, la formación de los jóvenes y menos jóvenes estén así, a la altura del desafío del futuro. Yo decía que más que nunca las Ciudades-Puerto son las primeras en línea frente a la consecuencia del recalentamiento climático con mares que suben, nuevas enfermedades urbanas que aparecen y se propagan, desplazamientos y migraciones y nuevos riesgos de desestabilización, incluso de confrontaciones. El informe reciente del IPCC una vez más ha dado la alarma sobre esta amenaza que pesa sobre el planeta si no nos movilizamos radicalmente para invertir la tendencia.

Dije que teníamos una posibilidad magnífica de poder hoy disponer de una red mundial de las Ciudades Portuarias, donde delegados, representantes, todo un ecosistema, se moviliza, como esta semana para compartir todas estas reflexiones, experiencias y preocupaciones.

Es también una excelente noticia, porque este congreso mundial es una nueva etapa, mayor por cierto, de esta larga marcha que el ecosistema de las ciudades-puerto emprendió, dando lugar a una comunidad viva, que practica el compartir de manera regular a través de los encuentros, talleres, paneles.

Los múltiples mensajes que me han sido enviado después de mi presentación son para mí un signo fuerte de la capacidad de esta comunidad a proyectarse hacia nuevos paradigmas. Una bella acogida para de la Smart Port City, de la Ciudad-Puerto Humana y viva, de la ciudad puerto, inclusiva socialmente, reinventándose en su economía circular y con desarrollo sostenible, utilizando para su transformación el poder de la revolución tecnológica de hoy y de mañana para poner al hombre y su calidad de vida en el corazón de las acciones.

A todos, que encuentren aquí mis agradecimientos, y también reitero mi compromiso para continuar perseverando en esta vía, que nos continuarán compartiendo en el momento de las próximas citas.
Tendré el honor y el placer el jueves por la mañana de animar la MESA REDONDA que va a cerrar estos trabajos. Continuaremos luego hacia El Cabo para sumergirnos en esta realidad meridional africana. Así como lo digo siempre, no hay modelo único ni para la Smart City, ni para el Smart Port City. Cada ciudad está ligada a una historia, a un contexto, a situaciones que le son propias, y debemos sumergirnos en ella, para impregnarnos, sentirla, vivirla. Solamente así estaremos a la altura de los hombres y de las mujeres que viven allíy cuya preocupación mayor es ante todo su bien vivir juntos.

Saludo Durban, ciudad en la que apenas hace 30 años sobre sus playas había carteles que le prohibían las playas a la población negra. Saludo los esfuerzos considerables para dejar atrás este terrible período de su historia, donde la negación del otro, por discriminación racial, dejó rastros en el sufrimiento de un pueblo. Saludo a la ciudad de Durban que se reconstruyó y todavía se reconstruye, en un África del Sur que supo encontrar la vía de la democracia y de la reconciliación, para escribir nuevas páginas de su historia.

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Comencé y acabé mi keynote rindiendo homenaje, a un gran escritor portugués que hizo sus primeras armas de su vida literaria, en Durban, Fernando Pessoa, publicado por primera vez en el periódico de Durban, Natal. Un ejemplo precursor de mezcla y cultura, de idas y de vueltas y de culturas imbricadas, con ese carácter mixto que alimentó la imaginación de ese adolescente. Entonces, saludo a todos estos adolescentes, a todos estos jóvenes de esta África, que son la fuente, el futuro y el motor de su transformación. Un país joven, con tanta juventud que lo puebla, es una bella posibilidad para la transición urbana;, les ofrezco otro futuro, que hay que construir implicándolos día tras día, con visión, estrategia, pedagogía, humanidad, pero también paciencia y perseverancia.

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La próxima semana estaré en París para mi nuevo texto semanal.

Carlos Moreno

Durban, 4 de noviembre de 2014