Retour sur le Forum Smart City du Grand Paris (EN, FR, ESP)

Le 26, 27 et 28 novembre derniers s’est tenu à Paris, à l’Hôtel de Ville, la seconde édition du Forum Smart City du Grand Paris organisé en partenariat par La Tribune et Live in a Living City. À nos côtés, tout l’écosystème l’a réaffirmé avec force à cette occasion : la smart city humaine, solidaire et responsable est avant tout un lieu d’espoir et de partage.
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À quelques heures de l’ouverture de la COP21 et en plein deuil national en hommage aux victimes des sauvages attentats de Paris, tenir ce Forum fut un acte militant. En effet, ce Forum, nous l’avons maintenu avec la Mairie de Paris comme un acte de résistance, pour montrer à la face du monde que la vie à Paris continue, que plus que jamais nous sommes debout pour faire face aux fanatismes en faisant vivre la devise de la ville-lumière « Fluctuat Nec Mergitur ».

Messages de solidarité

Nous avons été également touchés par les messages de solidarité apportés par chacun des invités et conférenciers internationaux, qui ont tenu à venir, pour à leur tour témoigner de leur solidarité avec Paris et participer à la réflexion commune concernant la ville de demain, les métropoles responsables dans un monde urbanisé, qui fut le fil conducteur de ces trois journées de rencontres.

En tant que Président du Comité Scientifique du Forum, je tiens à remercier la Maire de Paris Anne Hidalgo et l’ensemble de ses adjoints ainsi que tous les intervenants qui se sont mobilisés pour que ce Forum ait eu lieu dans les salons de l’Hôtel de Ville.

Je remercie également le Journal La Tribune et son PDG Jean Christophe Tortora, pour son total engagement, qui a permis que l’ensemble de son Journal se soit investi pour aboutir au succès de cette manifestation.

Avec Max Armanet, nous avons construit un programme qui a voulu aborder de manière transverse, une vision de la ville de demain, de l’intelligence urbaine, sociale et technologique autour du bien commun, de la responsabilité citoyenne, de l’engagement civique, et d’un regard au XXIe siècle des nouveaux enjeux pour la gouvernance de nos villes globales, de nos villes monde.

C’est de l’humanité toute entière qu’il s’agit

La Maire de Paris, Anne Hidalgo a rappelé à l’ouverture que dans nos villes, à l’heure où leur fragilité se fait sentir dans des moments difficiles comme ceux vécus à Paris, c’est de l’humanité toute entière qu’il s’agit.  Dans quelques jours, la grande manifestation #Cities4Climate aura lieu à l’Hôtel de Ville, où 1.000 maires de toute la planète se réunissent sous l’égide de la Maire de Paris pour peser dans le débat sur le changement climatique, à l’heure de la COP21, qui se tient au même moment à Paris.

« 1000 maires à Paris, c’est un symbole fort », a tenu à préciser en arrivant à Paris, le Maire de Montréal Denis Coderre et avec Mike Bloomberg ex Maire de New York et fondateur du réseau C4 CITIES, Anne Hidalgo a exprimé que plus que jamais  “les villes sont en pointe sur le climat car elles peuvent agir plus vite que les gouvernements”.

Développer un lien de qualité avec les citoyens

La proximité de chacun des Maires dans leurs villes est un atout majeur qui à l’heure de l’urbanisation galopante, dans une planète à majorité citadine, devient une relation indispensable pour développer un lien de qualité avec les citoyens. Elle permet de donner vie, par des actes de proximité concrets, à la politique, à la gouvernance, à la vision stratégique pour les territoires, avec une incarnation locale forte.

Les différents intervenants l’ont rappelé tout au long de ces trois journées : il ne peut pas y avoir de lutte efficace contre le réchauffement climatique sans associer étroitement la gouvernance des villes, métropoles et territoires ! La transition énergétique passe aussi nécessairement par une transition urbaine. Aucune politique émise par un pouvoir central n’a des chances de réussir et encore davantage face aux enjeux planétaires  d’aujourd’hui si elle n’est pas liée dans sa conception et exécution à la vie de nos villes et territoires, les Maires et les acteurs citoyens.

3 enjeux majeurs planétaires pour les villes

A l’aube de la réunion de 1.000 maires pour Paris, la Maire de Paris a rappelé trois enjeux majeurs planétaires pour les villes :

– adapter la ville aux nouveaux enjeux socio-économiques de nos territoires et en premier la lutte contre le changement climatique et pour l’inclusion sociale et le développement d’une bio diversité virtuose,

– opérer une transition énergétique pour que des nouvelles formes de la produire, la distribuer et de consommer émergent,

– construire des nouveaux modèles économiques pour nos villes mettant en place des solutions innovantes de financement, comme par exemple les commandes groupées inter villes.

Débats passionnants

Nous pouvons nous réjouir d’avoir pu tout au long de ces trois journées d’avoir écouté des débats passionnants, qui seront tous en ligne dans quelques jours.

Avec Carlo Ratti, du SENSEABLECity Labs du MIT et Célia Blauel, Maire adjoint de la Ville de Paris en charge de l’environnement, au développement durable, à l’eau, à la politique des canaux et au plan climat énergie territorial, nous avons débattu à l’ouverture de travaux autour de l’équation planétaire de la ville citoyenne. Le message porté est celui de l’espoir avec des nouvelles pratiques qui se développent dans les villes pour répondre aux défis sociaux, économiques, culturels, écologiques et de résilience. Nous avons évoqué les leviers dont nous disposons au XXIe siècle avec la technologie e en particulier le numérique au service de l’inclusion social et une nouvelle manière de repenser les infrastructures urbaines. Au delà des nouveaux modèles à chercher, il a été question de pratiques vertueuses et exemplaires qui se développent dans des différents contextes sociaux et géographiques et en même temps, présents et visibles dans des villes phares comme Paris, qui a bâti un ambitieux projet de Ville Intelligente et Durable à l’horizon 2020.

Vision de l’humanisme numérique

A la clôture de cet événement, nous avons eu une magnifique séquence avec la vision de l’humanisme numérique portée parMilad Doueihi, professeur à l’Université de Paris Sorbonne et chercheur reconnu au niveau international dans l’histoire des religions. Milad nous a rappelé combien le XXIe siècle doit être porteur de cette quatrième révolution humaniste, pour que à l’heure de la civilisation du numérique, le rôle et la place de l’homme soit au centre de notre action. « Penser l’avenir des sociétés numériques avec les outils de nos traditions humanistes » est indispensable pour « comprendre les mutations que le numérique apporte dans nos regards sur les objets, les relations et les valeurs ».

L’éco-complexité de la cité

La séquence de fin, fut un moment unique avec un dialogue brillant et vivifiant entre Edgar Morin et Saskia Sassen autour de l’éco-complexité de la cité. Ces deux grandes personnalités nous ont rappelé, que d’abord « penser, c’est résister ». Saskia Sassen nous a dit  « Nous sommes là », « Cette ville est aussi la nôtre. » Ou, pour reprendre la légendaire formule associée au combat de la population pauvre en Amérique latine : « Estamos Presentes » et nous ne vous demandons rien, nous vous rappelons simplement que cette ville est aussi la nôtre.

laisser la place à des nouvelles pensées et pratiques transverses”

Edgar Morin, avec entrain et enthousiasme, nous amène à nous mettre en cause dans notre pensée analytique et déterministe :« nous passons notre temps à séparer, ce qui est naturellement relié ». Et il a rajouté avec brio pour finir, « notre devoir reste-t-il de nous insurger de penser, de nous révolter, pour laisser la place à des nouvelles pensées et pratiques transverses. Nous devons décloisonner nos univers de vie, pour retrouver les pratiques citoyennes avec la solidarité et le bien commun, au cœur ».

Jean-Louis Missika, adjoint à la Maire de Paris, en charge de l’urbanisme, de l’architecture, du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité a rappelé que Paris a fait sienne cette approche. Le programme « Ré Inventer Paris » en est une manifestation concrète et montre à l’évidence, comment l’intelligence urbaine, sociale et technologique est en marche pour développer des éco-systèmes transformateurs du paysage urbain de la ville.

A tous un grand merci, pour ces 3 jours extraordinaires… La ville est vivante, Paris est debout et plus que jamais porté vers l’avenir ! #FluctuatNecMergitur

« Smart City » also implies that the city becomes « smart ». But what kind of city ? A city detached from the human and one’s urbanism, where its IQ (Intellectual quotient) is proportional to the silicon which is deployed ? A techno-centric, algorithmic city, which does’nt respect its complexity, its inherent diversity, its districts, its social, economical, cultural and ecological disparities ? We propose to work on it with a « living city » approach, with the approach of a territory for life, for cross-fertilization and cultural intermingling, a territory for hope and sharing.

A major challenge is to re-invent the city as a place of sharing. It is crucial. It is a matter of making the existing social links more fluid, of developping others of different kinds, but also of transforming, in a consistent way, the relationships between the citizens, the town and its environment. Multi-faceted, diverse, and complex, the city is above all a place of life which needs a permanent metamorphosis to create an essential quality of life and attractiveness. Make it more breathable, recover and re-use public spaces, remove and open them up to playful expressions, divert the use of the streets, squares and walls, encourage new social practices, develop collaborative gardens, « discovery » pedestrian alleys…etc

At that age of the multitude, in these ubiquitous times, the history of the city, its governance, its role with regard to the Sates, must fit together. But we have to take into account the vulnerability of the city, the transformations of the urban fabric and of the social and territorial environment. In the living city, the focus is on its identity, its social, economic, cultural and ecological proper features, and on the growing demanding requirements of the citizens towards their governing structures : transport, security, social housing, environmental issues, property, networks, infrastructures, public spaces, local economy, culture, leisure time, taxation.

The decisions which are taken each day in the cities are about our future and that of the next generations, tomorrow and the day after, when in 2050, 70% of the population will live in urban areas.

The Smart and Human City, the Living City shall be the one that will have a clear understanding of the paramount importance of its vulnerability, and will implement in the social urban and technological convergence, an ability to build, every day, its identity, its memory so as its resilience.

Con ocasión del Foro Smart City del Gran París, organizado por el diario La Tribuna y el Foro Internacional “Live in a Living City”el 26, 27 y 28 de noviembre en el ayuntamiento de París, expertos, políticos y empresarios tomaron la palabra en un número especial consagrado a la ciudad inteligente. Carlos Moreno, profesor y especialista de la ciudad inteligente, Présidente del Comité Cientifico, nos transmite su mensaje : la smart city no es una ciudad desencarnada y tecno-centrica, sino un lugar de esperanza y de compartir.

La masificación del digital en el siglo XXI el siglo subraya su poderío por la capacidad a penetrar nuestras vidas bajo múltiples formas. Ciencia y herramienta, el digital es sin embargo un medio y no un fin en sí. En la smart city, la ciudad se hace “inteligente”. ¿Pero qué ciudad? ¿Una ciudad sin  humanidad, fría, con un urbanismo reducido a sus infraestructuras en la que su QI es proporcional a la cantidad de silicio desplegado? ¿Una ciudad tecnocentrica, algoritmica, que desconoce su complejidad, su diversidad intrínseca, sus barrios, sus fracturas sociales, económicas, culturales y ecológicas?

Cuando nos proponemos abordarla como “ciudad viva”, hacemos entonces referencia a otra visión, de un territorio de vida, de mezcla, de esperanza.

Fluidificar las relaciones sociales

El desafío mayor es el de reinventar la ciudad como un lugar de compartir. Es crucial, porque se trata de fluidificar las relaciones sociales existentes, de desarrollar otras de un nuevo tipo, pero también de transformar de modo coherente las relaciones entre los ciudadanos, la ciudad y su medio ambiente.

Polimorfa, diversificada, compleja, la ciudad es ante todo un lugar de vida que necesita una metamorfosis permanente para crear una calidad de vida y un poder de atracción de nuevo tipo: hacerla respirable, recuperar y reutilizar el espacio público, liberarla, abrirla a la expresión lúdica, “hacker” el uso de sus calles, plazas, paredes, animar nuevas prácticas sociales, desarrollar jardines colaborativos, zonas transeúntes de descubrimiento, etc.

Vulnerabilidad de la ciudad

A la edad de la multitud, en estos tiempos ubiquitarios, se imbrican la historia de la ciudad, su gobernanza y su papel frente a los Estados. Pero hay que tener en cuenta vulnerabilidad de la ciudad, sus mutaciones tanto en la estructura urbana como  socio-territorial. En la ciudad viva, nos interesamos por su identidad, sus rasgos socio- económicos, culturales, ecológicos propios, y las exigencias cada vez más fuertes de los ciudadanos frente a su gobernanza: movilidad, seguridad, vivienda social, energías, organización territorial, redes, infraestructuras, espacios públicos, economía de proximidad, cultura, ocio, fiscalidad.

Las decisiones tomadas cada día en las ciudades conciernen nuestro futuro y el de las generaciones futuras, mañana y pasado, cuando, en 2050, el 70 % de la población mundial será urbanizada. La ciudad inteligente humana, la ciudad viva, será la que sabrá comprender la importancia clave de su vulnerabilidad y pondrá en ejecución la convergencia social, urbana y tecnológica para construir, cada día, su identidad, su memoria, su resiliencia.